Le testeur de panneaux solaires Eliosys se lance dans la course du soleil !

Eliosys est le premier laboratoire belge à effectuer des tests sur les panneaux solaires. En soumettant les modules à toutes les contraintes environnementales possibles, l’entreprise évalue leur qualité et leur efficacité dans des situations climatiques extrêmes. Une nouvelle niche porteuse d’avenir dans l’industrie du renouvelable, qui lance le pays dans la course du solaire.

Un projet ambitieux

La nature est capricieuse et imprévisible ; un facteur primordial pour les constructeurs de panneaux solaires. Les modules doivent donc pouvoir résister au vent, à la pluie, la neige, la foudre etc. Pour garantir l’efficacité et la longévité de leurs modules solaires, les fabricants doivent les faire tester au préalable par une entreprise spécialisée, telle que Eliosys.

Issu du Pôle d’Ingénierie des Matériaux, ce laboratoire, dirigé par Julien Thiry, a été mis en place en 2009 par le consortium des centres de recherche sur le campus du Sart-Tilman. Leur objectif est de mener des essais sur ces matériaux en simulant toutes les situations climatiques. Un domaine encore peu exploité, mais porteur d’avenir tant les nouvelles technologies se développent rapidement avec un besoin croissant d’évaluation. En deux ans l’entreprise s’est agrandie et possède aujourd’hui un nouvel équipement ultra performant.

Une simulation bien orchestrée

Ce qui fait le succès d’Eliosys, c’est sa « chambre climatique », capable de simuler le climat « à la demande », 24 h sur 24 durant toute l’année. Dans cette boite de 2 x 1,15 m, la température peut varier de -70 à +120 °C, l’humidité de 30 à 90 %, et le rayonnement solaire, de l’ultraviolet à l’infrarouge. Le responsable des tests climatiques, Nicolas d’Août, explique que « l’ultraviolet influence le vieillissement du panneau et l’infrarouge détermine la montée en température, dont dépend le rendement des panneaux photovoltaïques. La chambre permet de tester la résistance des panneaux aux conditions climatiques et de vérifier les mesures de puissance annoncées. »

La fabrication de ce dispositif euro-américain répond à un cahier de charge fixé par Eliosys. « Tous les autres bancs d’essais ont été conçus et assemblés par nos propres soins. » En tout, l’appareil est capable de simuler une cinquantaine de situations : vent, neige, grêle, foudre, températures extrêmes, etc. « L’avantage de posséder nos propres bancs d’essais, c’est la souplesse. Nous sommes parfaitement capables de concevoir un banc spécifique pour un client. Avec l’aide de l’ULg, nous avons par exemple créé, à la demande d’un gros fabricant de verre, un test d’érosion éolienne qui simule un vent chargé de sable. »

Avec des partenaires tels que Sirris, le centre collectif de l’industrie technologique belge), le CRM (centre pour la recherche en métallurgie) ou encore le CEWAC (centre d’étude d’assemblage et de contrôle des matériaux), le laboratoire ne peut qu’espérer se développer. Et avec la certification ISO 17025, il répond « aux exigences de compétence pour effectuer des essais et des étalonnages. »

Prêt pour la course du solaire

Il existe peu d’équivalent d’Eliosys à travers le monde ; mis à part le n°1 allemand TÜV. De plus leurs clients ne pas que des fabricants de panneaux. Comme l’explique Nicolas D’Août,  « de plus en plus, nos clients sont aussi des importateurs, qui veulent tester le matériel qu’on leur propose, ou des installateurs ; surtout depuis la fin des primes. Il faut savoir que la plupart des panneaux solaires vendus chez nous viennent de Chine et qu’ils peuvent présenter des écarts de qualité importants. Cela se remarque surtout dans le vieillissement. On y trouve de tout, le pire comme le meilleur. Il est déjà arrivé qu’un importateur refuse un lot après l’avoir testé chez nous.» Les autres acteurs du marché sont principalement américains, allemands et, désormais aussi, indiens. «La Belgique occupe une place modeste, mais avec une expertise reconnue à l’échelle internationale. »