Le Japon investit dans le plus grand parc solaire

Le 11 mars 2011, un violent séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter, suivi d’un tsunami ravageur, ont secoué la côte Pacifique du Japon. Ce cataclysme a engendré l’endommagement de la centrale électrique de Fukushima, considéré comme la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, en 1986.

Face à cette crise environnementale et économique, le Japon veut porter un regard neuf sur l’avenir en choisissant d’investir dans les énergies renouvelables. En mars, Hitachi, Mitsubishi Heavy Industries et Nippon Steel ont annoncé l’instauration d’un parc éolien offshore pour alimenter près de 100 000 foyers. Et aujourd’hui, c’est le consortium Kyocera qui s’apprête à construire la plus grande centrale solaire du pays. Une technologie que les japonais maitrisent depuis plus de 40 ans.

Le Japon post-FukushimaJapon plus grand parc solaire

Avant Fukushima, la part du nucléaire représentait 25% à 30% de la production d’électricité au Japon, qui prévoyait même de l’augmenter jusqu’à 50% d’ici 2030.

Après Fukushima, le pays doit faire face à la pire catastrophe nucléaire suivie d’un sévère manque d’électricité du à l’arrêt de 53 réacteurs sur 54. Pour combler ce manque, l’archipel a appelé la population à faire des économies énergétiques et a accru sa consommation en énergie thermique. Malgré tout, le Japon doit recourir à l’approvisionnement extérieur en énergie fossile, entrainant une très forte augmentation de sa facture énergétique.

Pour surmonter cette crise sans précédent, le gouvernement a lancé un appel pour la construction de centrales productrices d’énergies vertes, dont le solaire. Malgré l’annonce de la réouverture de deux nouveaux réacteurs nucléaire, une loi d’août 2011 place les énergies éoliennes et solaires au centre de la politique énergétique.

Le solaire au Japon : une solution durable

Le consortium nippon Kyocera, un des leaders mondiaux du photovoltaïque, a annoncé le 10 avril dernier qu’il projetait de construire la plus grande centrale solaire du pays. Avec le soutien de la banque Mizuho et de la firme d’industries lourdes IHI, Kyocera prévoit l’installation d’un parc de 70 mégawatts sur une surface de 1,27 million de mètres carrés.

La construction débutera dès le mois de juillet 2012 dans la préfecture de Kagoshima, dans le sud-ouest du Japon. Un projet de 235 millions d’euros qui prévoient la construction de quelques 290 000 modules polycristallins.

Cette centrale pourra alimenter près de 22 000 foyers en électricité tout en évitant l’émission de 25 000 tonnes de CO2 par an. Pour promouvoir ce type de projet, le gouvernement a instauré un tarif spécial visant à racheter l’électricité photovoltaïque. L’exploitation du site et la distribution d’électricité seront assurées par la compagnie Kyushu Electric Power, une filiale créée par les mêmes acteurs.

Avec cet immense parc solaire du pays, le Japon se met au vert. Le gouvernement nippon prévoit de produire 20% d’électricité non nucléaire d’ici 2020 et l’installation de 10 millions de panneaux photovoltaïques d’ici 2030.