La Chine règne sur le marché mondial du photovoltaïque

En quelques années, le Chine s’est imposée sur le marché mondial de l’énergie solaire. Sa capacité à concevoir une grande quantité de panneaux photovoltaïques à un moindre coût lui assure une place en pôle position d’ici 2013. Mais qu’en est-il de la qualité des modules ? Existe-il des labels ou certifications pour différencier les marques disponibles sur le marché ?

La stratégie de Pékin se révèle payantePanneaux photovoltaïques Chine

Lorsque l’industrie photovoltaïque s’est développée début 2000, la Chine a massivement investi dans cette technologie. En créant une économie d’échelle et une main d’œuvre bon marché, elle a pu considérablement baisser le coût de production. De plus, les entreprises ont obtenu le soutien des banques avec des taux d’emprunts très intéressants et les terrains de construction se sont vendus pour une bouchée de pain.

Aujourd’hui, la Chine a pu s’imposer sur le marché mondial de l’énergie solaire en produisant la moitié des modules photovoltaïques vendus à travers le monde. Les entreprises se sont multipliées et 5 d’entre elles font partie des meilleures au monde, dont le n°1 Suntech.

Selon les experts, le pays détient 70% des parts du marché mondial de l’industrie du photovoltaïque. Une belle performance réalisée grâce à une compétitivité agressive et la faillite de 3 géants américains, dont Solar Trust.

On peut dire que la stratégie de Pékin a conforté sa position dominante. Mais d’un autre côté, le pays risque de mettre en péril son propre marché ; fortement dépendant des exportations vers une Europe en crise.

Le photovoltaïque « made in China », un label de qualité ?

En février dernier, Bekaert, un des fleurons belges du photovoltaïque, supprimait 600 sur 2700 emplois en Belgique. Une conséquence directe de la crise du secteur en Europe due à la surproduction et à l’agressivité de la concurrence chinoise.

Mais face à l’inondation des modules made in China, on est en droit de se demander ce qu’il en est de leur qualité.

Selon Frank Gérard, conseiller à la fédération du secteur des énergies renouvelables Edora, « certains panneaux chinois sont équivalents, d’autres pas. Les Chinois vendent la qualité équivalente à celle des Allemands, mais à 30 % moins cher. »

Cinq des meilleurs fabricants au monde sont chinois et ils respectent les standards internationaux. Mais d’un autre côté, certains n’hésitent pas fournir des marchandises de mauvaise qualité. À l’opposé, les produits européens offrent une plus grande fiabilité et traçabilité des matériaux.

En Belgique, par exemple, certains installateurs offrent une garantie de 10 ans. Et en cas de défaillance, les réparations sont prises en charge. Mais pour un produit chinois, ce n’est pas le cas. Donc, l’économie réalisée à l’achat peut parfois se révéler très coûteux en fin de compte.

Les labellisations en Europe

En Europe, aucun brevet, ni système de labellisation n’ont été clairement définis à ce jour concernant les panneaux solaires. Les installateurs belges ne doivent même plus être enregistrés depuis le retrait des subsides de l’État. Cette situation génère un manque total de visibilité pour les consommateurs.

L’Union européenne a récemment pris ses dispositions en la matière et oblige les Etats-membres à instaurer un système de certification des installateurs d’ici la fin 2012.

Quelques dispositions ont été prises en Belgique, notamment avec l’instauration du label « Quest », qui assure un service de qualité supérieur assorti d’une garantie sur chaque composante du module. Et d’autre part, Test-achat propose de mettre en place une offre type pour aider les consommateurs à faire le bon choix.

Selon certains experts, l’instauration d’un système européen de normes et l’obligation de la fabrication de certains composants locaux pourront aider à contrer la concurrence chinoise et garantir des modules de qualité.