Arrêt des certificats verts : qui paiera la facture ?

On assiste aujourd’hui à l’agonie, lente mais inéluctable, des certificats verts liés à l’installation des panneaux photovoltaïques. Ceux-ci auraient été victimes de leur succès. Mais au final, qui paie et, surtout, qui paiera la facture ?

La nouvelle est tombée comme un couperet sur le cou du condamné : à terme, les certificats verts feront partie du passé. Et ce n’est pas l’efficacité des panneaux photovoltaïques qui est ici en cause. Au contraire. C’est plutôt le constat que, d’ici 2027, deux milliards et demi devront être remboursés aux détenteurs de certificats verts. Un surcoût qui sera répercuté sur l’ensemble des utilisateurs du réseau électrique. En d’autres termes, il fallait arrêter un système qui donne de l’argent d’une main pour le reprendre de l’autre chez l’ensemble des consommateurs.

 

Votre voisin a des panneaux ? Passez à la caisse !Capteurs photovoltaïques

Le système ne pouvait que finir par se mordre la queue. Alors que l’on voyait pousser les panneaux photovoltaïques comme des champignons, personne ne se posait la question de qui payerait la facture au final. Le discours était à l’écologie et l’on s’émerveillait que d’aucuns soient en mesure de produire tout ou partie de l’électricité qu’ils consomment. Une solution tellement miraculeuse que l’on a souhaité récompenser les investisseurs, notamment avec des certificats verts. Sauf qu’il s’agissait là d’une vision à court terme : un jour ou l’autre, il allait falloir passer à la caisse. Qui ? Les consommateurs, bien évidemment, qui par une augmentation de leur facture d’électricité, devraient compenser les 2.5 milliards d’euros à rembourser sur les quinze prochaines années.

 

Une situation intenable

Ce constat laisse incontestablement un goût amer dans le chef des ménages wallons, mais aussi des entreprises qui vont voir leurs coûts augmenter alors que l’on parle partout de la nécessité de réduire ceux-ci. On a en effet tendance à oublier que lorsque l’Etat, qu’il soit fédéral ou régional, doit payer les subsides promis, c’est, de toute façon, le contribuable qui doit payer.

Le cas des panneaux photovoltaïques serait donc un bel exemple d’effet boomerang. On peut certes se féliciter de voir le monde politique prendre des décisions en faveur de l’environnement, mais celui-ci est-il prêt – qui plus est à quelques mois des élections – à recevoir les coups de bâtons que ne manqueront pas de leur donner des consommateurs excédés par la hausse constante de leur facture énergétique ?